Regards croisés 

Ginette Adamson et Valérie Rinaldo 

Journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage

au Fort à Montauban, 10 mai 2017

Article universitaire - Project MUSE

Palimpseste de Valérie Rinaldo (critique)

  • Annabelle M. Rea

  • Femmes en études françaises

  • Association des femmes en français

  • Volume 27, 2019

  • pp. 243-244

  • 10.1353 / wfs.2019.0010

  • LA REVUE


En ces temps d'agitation politique, avec des reportages médiatiques constants, l'évasion dans la beauté est un cadeau merveilleux. Et ce livre est vraiment "une chose de beauté", pour citer John Keats: la beauté des mots, leurs qualités musicales, leur placement sur la page; [Fin de la page 243]la beauté des images, leurs couleurs vibrantes, leurs formes évocatrices; la beauté dans le livre lui-même comme artefact. Les deux artistes ont des racines haïtiennes; tous deux résident en France. La poète, Valérie Rinaldo, enseigne la littérature dans le Tarn-et-Garonne, où elle a récemment fondé les Éditions Terre de Ciel pour partager sa "passion des beaux livres" (www.editions-terredeciel.com). La peintre Ginette Adamson, qui vit maintenant à Strasbourg, est connue de nombreux membres du WIF, en particulier en tant qu'organisatrice de nombreuses années des conférences des femmes écrivaines continentales, latino-américaines et francophones à l'Université d'État de Wichita.

Comme son titre, «Palimpseste», le suggère, le livre rejoint une longue tradition, mais il semble demander: «Avons-nous besoin d'un autre compte rendu des torts causés par l'esclavage? Celui-ci, cependant, couvre un terrain moins étudié. Il représente un voyage de découverte de soi en tant que femme avant tout. Le moment de la pleine compréhension arrive vers la fin du texte: "Croyant partager avec les chantres de la Négritude / La violence de l'insurrection / Penses-tu qu'il est permis de tutoyer les grands Bâtisseurs / Ta quête est d'une autre nature / Boire enfin Ta Vérité à pleine bouche »(54) et conduit à la réalisation de la fonction du poète:« Réinventer le futur pour donner du sens au passé »(55). Le voyage passe par les actes d'amour individuels et le plaisir, la maternité, et aussi, plus largement, regarde les femmes »

Il y a beaucoup ici à propos d'Haïti, en particulier dans une section intitulée «À la rencontre d'Haïti» - la beauté physique de la terre («Haïti la très belle» [65]), ses souffrances («Port-au-Prince entrouvre ses plaies béantes "[57]), les détails de son histoire comme" l'Insoumise "et" la Rebelle "(50), ses mythes (Erzulie et autres aspects des loas du vaudou), ses danses, ses couleurs, ses sons, et même des lignes d'une chanson en créole. Rinaldo souligne également les multiples liens avec l'Afrique, comme le mythe de la création, Fon à l'origine, de Mawu et Lissa.

Les dix peintures, bien que créées indépendamment du texte, correspondent à des indices où, parfois, des couleurs spécifiques sont nommées (corail, saffran, mauve, magenta, ou, pourpre, grège, indigo, rousse, bleuté) ou, à d'autres moments, uniquement ont suggéré, par exemple, les nombreux détails concernant la mer: "le mugissement suave de la vague océane / Vibre à fleur d'écume" (28). Adamson a choisi des rouges puissants pour accompagner les passages qui parlent des plaisirs physiques de l'amour. Le blues domine dans les pages où la mer est décrite. Des masques africains et de vagues formes humaines apparaissent sur d'autres images.

Je recommande le volume, avec ses échos de Césaire et Rimbaud, en particulier, aux membres du WIF qui enseignent la poésie, les études caribéennes ou l'Afrique et sa diaspora, mais aussi - plus largement - à tous ceux qui souhaitent fuir le monde souvent hideux d'aujourd'hui dans "Toute la beauté du monde" (63), la pure merveille des couleurs, des formes et des mots.

Annabelle M. Rea

Collège occidental

Copyright © 2019 Femmes en études françaises

Article paru dans le quotidien haïtien 

Le National mardi 23 octobre 2018

Rédacteur : Yves Chemla

Titulaire d'un doctorat consacré à La Question de l'autre dans le roman haïtien contemporain (1999, La Sorbonne-Paris 4), longtemps critique littéraire, Yves Chemla est enseignant à l'IUT de Paris. Depuis 2017, il coordonne les travaux de l'équipe Zobel, tout en travaillant à la réédition des œuvres complètes de Jacques Roumain par les éditions du CNRS. Elle est disponible à CNRS Éditions depuis Juillet 2018. 

Article publié dans La Dépêche du midi

le 12 décembre 2016

Valérie Rinaldo, une passionnée de poésie

Valérie Rinaldo, professeur agrégé de Lettres, enseignante au collège de Nègrepelisse, viendra dédicacer son livre Poèmes à Camille Claudel, lundi 12 décembre de 9 h 30 à 12 h 30 à la librairie Calipage Styl'Ô Plumes située 38, cours Didier-Rey. Tél. 05 63 93 10 52. L'auteur réunit dans cet hommage à Camille Claudel, ses deux passions : la poésie et l'art.

«J'ai vu ses sculptures pour la première fois à Lavardens dans le Gers, et j'ai été véritablement bouleversée. La Valse, La Vieille Hélène, La Petite Châtelaine, Les Causeuses, que c'était beau !

Camille Claudel a su rendre visible l'âme des personnes qu'elle a sculptées, elle a su transfigurer l'amour, faire apparaître l'intensité de la vie d'une façon inouïe. Je voulais transmettre à mes lecteurs mon admiration pour son travail et en même temps permettre à certains de la découvrir. On ne connaît d'elle que le drame de sa passion avec Rodin. Le livre aborde cet épisode de sa vie, mais il nous parle surtout de sa passion pour la sculpture et les sacrifices qu'elle a faits pour atteindre une incroyable maîtrise de son art» explique Valérie.

Dans son premier livre Palimpseste, elle rend hommage à ses ancêtres haïtiens et à l'Afrique. Elle y dénonce aussi l'esclavage. Dans ses moments de loisirs, Valérie joue de la guitare jazz et, au grand désespoir de ses enfants comme elle l'avoue, ose chanter les grands standards de ses chanteuses préférées, Billie Holiday, Stacy Kent, Nina Simone...

Elle ajoute : «J'aime la littérature et je suis passionnée de poésie. Je trouve que la poésie mérite tous nos égards. Elle est souvent délaissée pour le roman alors que la poésie devrait être populaire. Elle devrait être déclamée sur la place publique, résonner dans les villes pour rassembler les gens les plus modestes, comme les chansons. Je relis souvent mes auteurs préférés, Aimé Césaire, Senghor, Rimbaud, Eluard, Aragon, Vincent Calvet, Saint-John Perse, Baudelaire, Guy Tirolien, Daniel Maximin».


Journées «Esclavages, Mémoires Présentes»

Colloques et conférences - Tour de ville du 31/05/2016 au 10/06/2016 

Depuis 10 ans la France commémore la souffrance des victimes de la traite négrière. Dans le département, l'association 'Esclavages, Mémoires Présentes', présidée par Marie-Paule Redon, organise les «Journées des Mémoires» à l'Ancien Collège du 31 mai au 10 juin.

Au programme conférences, lectures, concert, et pas moins de cinq expositions remarquables, très documentées : «Les héritages du marronnage», photographies de Joël Roy, «Regards sur les vestiges des bagnes» de Katia-Christiane Ferré, «Ces noirs qui ont fait la France», du chevalier de Saint-George à Aimé Césaire d'après le livre de Benoît Hopquin, «La force noire, les tirailleurs sénégalais» prêt d e l'ONAC et «Le Chevalier de Saint-George, le nègre des lumières» exposition proposée par la Maison de l'Afrique de Toulouse.

Benoît Hopquin, écrivain, grand reporter au Monde, a ouvert ces journées : «Ils étaient musiciens à la cour, soldats révolutionnaires, héros de Verdun, écrivains, compagnons de la Libération. Ils étaient à la tribune de l'Assemblée nationale ou sur les plages du débarquement, en Provence, à l'Odéon ou à Polytechnique. Ils étaient noirs. 

Qui s'en souvient ?».

Samedi à 18 h 30, Valérie Rinaldo, professeur de Lettres à Nègrepelisse, d'origine haïtienne, mettra en voix son recueil de poèmes Palimpseste.

Mardi à 18 heures, Katia-Christiane Ferré, paloise née à Cayenne, révélera l'existence des bagnes pour femmes à travers l'histoire de Marie Bartèle.

Détails du programme : http ://www.dix-femmes-puissantes-en-82.fr/ Contact. 06 84 68 69 82

La Dépêche du Midi

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